Professeur Peyromaure (CONTRE)

Le Pr Michael Peyromaure est chef du service d'Urologie à l'hopital Cochin (Paris). Il expose des arguments d'ordre économique.

Enjeux : Les enjeux pour lui sont d'ordre profesionnelle et économique.

Argument 1 : Pour l'acquisiton d'une machine il faut compter entre 1,5 et 2 millions d'euros ; pour chaque acquisition, une formation des chirugiens  est obligatoire pour un coût de 7 000 euros pour une équipe réduite à 4 personnes et ce, sur deux journées. La compagnie conceptrice jouit d'un monopole sur l'intégralité du matériel. L'usage des instruments est limité : chaque pinces ne pouvant servir que 10 fois malgré un prix unitaire de 2 000 euro. Le robot ne démarrera pas la 11e intervention si les instruments ne sont pas neufs.

Arguments 2 : Les publications selon lesquelles une opération par un robot permet une réduction du saignement, une convalescence plus rapide ou une amélioration de la continence urinaire et des érections sont contredites par le fait que d'autres rapports attestent le contraire. Il existe aujourd'hui un grand vide sur la question.

Argument 3 : L'agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé a mené une étude médico-économique qui remettait fortement en question l'intérêt de cette technique, en prenant en compte le coût du matériel, l'activité générée, les complications, et la durée d'hospitalisation. Il apparaissait que la prostatectomie était l'intervention la moins rentable pour le robot.

Argument 4 : Aucune étude n'a clairement démontré de bénefices par rapport à la voie ouverte ou à la coelioscopie notamment pour la prostatectomie.

Argument 5 : Il n'y a plus ce que les chirurgiens appellent " le retour de force"  c'est-à-dire le fait de sentir la résistance des tissus. Avec ce robot, on peut entrer dans un organe voisin sans s'en apercevoir.

Argument 6 : Aux Etats-Unis, son usage pour la prostatectomie est systématique, et les données de complications chirurgicales sont très inquiétantes. Une vingtaine de morts est évoquée.

Argument 7 : Par cette technique, l'industie a une grande influence sur le système sanitaire et donc, par ce fait, il peut y avoir dissimulation de décès survenus pendant des opérations avec le robot Da Vinci.

Citation qui résume les propos du Professeur Peyromaure : "Le robot bénéficie de beaucoups de publicité et donc il est plus un produit marketing qu'autre chose.  Malgré les usages différents de cette technologie,  ce qui compte, c’est surtout l’expérience du chirurgien. Pas le type d'opération pratiqué. La chirugie urologique par des robots est le prochain scandale sanitaire."

Cette citation est assez flagrante car on peut se poser la question de savoir si, le fait que le robot bénéficie d'un immence appui  publicitaire n'est pas la vrai raison de sa prolifération, au détriment d'une réele utilitée. Cette technologie peut aussi remettre en cause le prestige du métier, le fantasme qui entoure le métier qu'est la chirurgie et faire désormais douter de la compétence du chirurgien.

Auteur :le Pr Michael Peyromaure

Titre : Le robot en chirugie, à qui profite t-il vraiment?

Date : Le 16 novembre 2011

Nature : Article de presse du journal le monde sur internet www.le monde.fr ;http://www.liberation.fr/societe/2013/10/14/cancer-de-la-prostate-un-robot-sur-l-echafaud_939458 ; http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/16/le-robot-en-chirurgie-a-qui-profite-t-il-vraiment_1604667_3232.html

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